Le Lycée professionnel de Sampaix à Roanne, un lycée lumineux et économe en énergie
A Roanne, la restructuration importante du lycée professionnel Carnot qui prépare aux métiers de l’automobile et des transports a permis d’élargir son offre de formation. Livré en 2007 il aura été le premier établissement scolaire HQE (haute qualité environnementale) de la région Rhône Alpes.
ECOBtp : A l’origine, le lycée existait déjà. Comment s’est intégrée dans la démarche HQE à partir d’un bâtiment existant ?
M. Varierars : Lancé par le Conseil Régional de Rhône Alpes, ce projet intégrait une démarche HQE complète, de la conception à la gestion à faible nuisance du chantier.
La région Rhône Alpes a tout de suite abordé la construction de ce nouveau lycée avec des objectifs en matière de développement durable et de qualité environnementale.
En terme de stratégie par rapport au patrimoine existant, il a été choisi de construire des bâtiments neufs durables et de valoriser au maximum l’existant, en conservant quelques bâtiments Ainsi, plutôt qu’une démolition, la déconstruction a permis de gérer finement le tri des matériaux obsolètes.
ECOBtp : Quels sont les points forts de ce projet par rapport aux enjeux environnementaux ?
M. Varierars : 3 grandes lignes directrices ont conduit ce projet, avec des implications sur les choix de matériaux et de solutions climatiques.
En premier lieu, il s’agit de la qualité de l’éclairement. L’éclairement naturel optimise l’ensoleillement et donc l’exposition des bâtiments. La hauteur réduite des bâtiments limite les ombres portées.
Les façades sont largement vitrées (31% de la surface utile globale est vitrée). Les hauteurs sous plafond sont également importantes (3m), avec des parois de locaux claires. Un patio central apporte de la lumière naturelle dans les salles de classes. Les salles de cours ou ateliers ont une double orientation ou un second jour, les grands ateliers ont des sheds orientés au nord. La combinaison de plusieurs systèmes d’éclairage tient compte de l’usage et de la dimension des pièces.
Quand l’éclairement naturel devient insuffisant, des cellules photométriques commandent l’allumage des éclairages artificiels.
ECOBtp : De tels choix en matière d’éclairement ne risquent-ils pas de créer une surchauffe des bâtiments en été ?
M. Varierars : Le compromis est en effet difficile à trouver entre une bonne performance énergétique et un bon niveau d’éclairement naturel. D’où le deuxième point fort de ce projet qui consistait à maîtriser les performances énergétiques, en améliorant le confort en estival. Des études et simulations d’ensoleillement ont permis au préalable d’optimiser les espaces entre les bâtiments et de donner la priorité aux orientations sans soleil direct.
Plusieurs dispositifs ont également été adoptés pour éviter l’échauffement des bâtiments.
Des stores extérieurs mobiles fixés en retrait pour laisser en périphérie une solarisation résiduelle sur environ 40cm de largeur constituent une protection solaire efficace et permettent de gérer les risques d’éblouissement. Ils sont actionnés par un système automatique.
Des plantations d’arbres ont également été pensées à proximité du bâtiment pour les orientations ouest. Des mesure actives sont mises en place, avec un système de ventilation double flux (avec free cooling) qui réduit pendant la nuit, les calories emmagasinées la journée, et rafraîchit les bâtiments. Un complément est apporté par un puits canadien, qui permet de réchauffer ou rafraîchir l’atelier et les zones à ossature bois en fonction des températures extérieures.
ECOBtp : Quel autre dispositif a été mise en place dans le cadre des normes HQE ?
M. Varierars : La gestion des eaux pluviales est diversifiée. Deux cuves enterrées de 50 et 90 m3 servent à la récupération des eaux pluviales pour l’arrosage des espaces verts et le lavage des véhicules. Elles devraient couvrir plus de 55 % des besoins d’arrosage et 100 % des besoins de lavage des camions. Un bassin paysager de retenue des eaux d’orages a été créé pour limiter le rejet sur les réseaux et éviter la pollution potentielle de la nappe.
ECOBtp : Bien que ce projet soit à la pointe de la démarche HQE, un point particulier aurait-il pu être amélioré dans ce type de construction.
M. Varierars : A l’époque de sa construction, les choix étaient réellement optimaux. Maintenant il est vrai que depuis sa construction, les évolutions technologiques, les qualités des matériaux se sont encore beaucoup améliorées. Aujourd’hui les choix de solutions thermiques seraient probablement différents. On s’orienterait davantage vers une ventilation naturelle pour l’été.